Blog, Couture

Quand acharnement rime avec gros ratage quand même.

Oui, le titre ne rime pas, je sais, il faut quand même continuer à lire l’article^^

Lorsque j’ai décidé de remplir mon blog de mes créations coutures, je savais que tôt ou tard j’aurai à poster un ratage. Ce moment est venu. Et il est magnifique; et coûteux. Oui, tant qu’à faire !

Je vous présente donc, la Parisienne de la marque Louis Antoinette Paris.

lap-devant

Là, je demande un miracle afin que ma robe se transforme en quelque chose de portable. Ma demande est restée vaine ! Mais reprenons depuis le début. Attention, pavé !

Lorsque j’ai débuté la couture, j’ai tout de suite été attirée par les marques de patrons indépendants. Je n’ai jamais cousu du Burda (dit comme ça, ça fait snob, désolée). J’ai aussi commencé à suivre des comptes Instagram et des blogs. Parmi eux, il y a My Dress Made, très connue sur la blogo et à juste titre. Elle coud divinement et en plus, je suis fan de ses choix de tissus. En parcourant son blog, j’ai vu qu’elle avait réalisé plusieurs Parisienne et franchement, j’ai eu un énorme coup de coeur pour le patron. En regardant le site de la marque, j’ai vu que le patronage était fait pour une stature d’1m70 et comme je mesure 1m74, ça m’a paru facile de faire des ajustements. J’ai donc investi dans le patron. Puis, je l’ai gardé sous le coude parce que j’estimais mon niveau trop débutant pour le coudre (j’avais tord).

Lors de ma visite au CSF, j’ai fais un caprice et j’ai acheté une somptueuse flanelle de laine de chez France Duval-Stalla. Elle est magnifique ! Lavable à 30 degrés en machine, en plus. Pas bon marché (26€ le mètre) mais le tissu le valait et le vaut toujours. Jusqu’ici tout va bien, ça ne va pas durer.

lap-gros-plan-tissu

Mon tissu est tellement beau !

J’ai lu les instructions données par Louis Antoinette Paris. Oui mesdames, mesdemoiselles, je lis toujours les instructions de tissu. Mais là, j’avais envie d’interpréter. Donc, quand il aurait fallu lire le livret d’explications et les mots « drap de laine très fin », moi, j’ai interprété « tout tissu ». Parce que la flanelle achetée est épaisse. Très. Mais je me suis dis : « pas grave, la robe aura de la tenue ». Vous le sentez, là, le fail qui s’amorce ?

Donc, je rentre du CSF, je décatis mon tissu, je décalque le patron, je rassemble ma mercerie, je découpe mes pièces, bref, tout est normal. Je surjette tout, là aussi aucun souci, la babylock avale la flanelle sans sourciller. Lors de l’assemblage, c’est là que les ennuis commencent. Le tissu étant tellement épais et mou, que ma MAC, Joséphine, a regimbé. Il a fallu faire quelques réglages, mais c’est passé. Ouf, plus de peur que de mal. J’ai cousu l’essentiel de la robe rapidement et je me suis immédiatement rendue compte de deux choses :

  • impossible de passer les manches. Soit j’ai des gros bras, soit… donc j’ai rajouté une bande de 3cm sous les manches (découdre et recoudre, épisode 1). Esthétiquement, c’est pas ça, mais je me suis dis « c’est sous les bras, non ? Ca ne se verra pas »
  • Je me suis aussi rendue compte que j’étais très serrée dans le dos. J’ai un gros dos ou quoi ? Je me suis dis qu’au moment de poser le zip, je rognerai sur les marges de coutures. Rêve ma fille, rêve !

A ce moment, j’aurai pu m’arrêter, me poser, réfléchir, prendre les bonnes décisions. Mais non. J’ai continué. Je me suis concentrée sur les finitions, j’allais tout donner sur les finitions. Le tissu et le modèle le méritaient. Bonne décision, n’est-ce pas ? Donc, j’ai décidé de finir les ourlets au biais noir. Pour justifier cette décision, je me suis dit qu’ainsi les manches, les ourlets du haut et du bas de la robe garderaient un peu plus de longueur. Le tissu s’est rigidifié immédiatement et le tombé de la robe est devenu « bizarre », encore plus que le rendu final. J’ai ôté le biais (découdre et recoudre, épisode 2), ce qui a raccourci la jupe et le haut d’autant, exactement ce que je voulais éviter, passons.  Bon, c’était le moment de faire un deuxième essayage : les bras passent, parfait. Par contre, le reste… tissu super confortable et moelleux, genre doudou, mais moulant, moulant ! Un tombé rigide qui donne à la robe un côté… moche. Je ne vois pas trop quel autre mot choisir.

Là aussi j’aurai pu m’arrêter. Mais non, surtout pas. J’ai continué parce que mon tissu le valait bien et le modèle aussi. Une phrase que j’ai répété dans ma tête comme une litanie pendant tout ce temps passé sur ce projet. J’ai posé le zip en faisant le deuil de son invisibilité, afin de gagner 2 cm. Je précise que je l’ai posé deux fois (découdre et recoudre, épisode 3) pour finir par le poser à la main. Et là, ça a passé, la robe ferme, je n’ai pas un gros dos finalement, moment soulagement !

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La fin du zip est bizarre, c’est normal, elle n’a pas été cousu.

Il a fallu faire les ourlets du haut, du bas et des manches. Je n’ai pas pu plier mon tissu deux fois. D’un, cela raccourcissait de trop, de deux, cela faisait de gros boudins de tissus aux extrémités. J’ai donc fais les ourlets directement après les surjets. Je précise que j’ai fais lesdits ourlets à la main, dur labeur !

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Attitude blasée de découragement !

Je n’ai pas fais cette robe en une fois, mais sur plusieurs mois. Je pense que je l’ai débutée en décembre, terminée/abandonnée en février, lorsque je me suis rendue compte que cette robe ne serait jamais portable. Il m’a fallu tout ce temps pour faire le deuil de ce projet, je me suis obstinée, acharnée même, et, en rédigeant cet article, je réfléchis à mes actions et je me demande quand est-ce que j’aurai pu/du m’arrêter ? Est-ce que j’aurai pu sauver mon tissu ? Au milieu de toutes ces erreurs, il me reste un énorme regret, vous savez, comme un rendez-vous manqué : j’ai loupé le coche avec un superbe patron.

Si vous allez sur le site de la marque, vous verrez que le patron est classé en niveau intermédiaire. Moi, je m’estime encore débutante et franchement, vous pouvez y aller les yeux fermés. Il est simple grâce à des instructions très très claires. J’ai trouvé le montage astucieux et la robe a un effet incroyable. J’ai tout tenté pour pallier mon mauvais choix de tissu, bien trop épais, trop rigide aussi. Mais malheureusement, c’est l’erreur originelle et je n’ai rien pu faire.

Ce tissu aussi méritait mieux. Je ne parle pas ici du prix. Certes il était coûteux et doit toujours l’être mais ce n’est pas  de ça dont il est en question, c’est  sa qualité. Un tissu de cette sorte aurait du être cousu pour un projet adapté et qui en valait la peine : un blouson ? Une veste de demi-saison ? Un manteau ?

Ce projet m’a pris la tête pendant plusieurs mois et ça m’a un peu enlevé ma motivation pour coudre. J’ai traîné ce projet comme un boulet. J’ai eu du mal à passer à autre chose, aussi dans un désir de réduire la liste des mes encours.

Bilan :

Techniques : montage tissu/doublure

Confort : tissu très moelleux, très doux.

Style : A cause du tissu, elle me moule trop et je n’assume pas. Il faut sans arrêt tirer sur le tissu pour le mettre en place.

Economie : patron 15,90€ + tissu 26€ le mètre, et il en fallu 1,8m, de mémoire. Donc, coût total 62,70€. C’est le vêtement le plus cher que j’ai cousu pour le moment.

Coup de coeur ? Oui quand même. Je compte la refaire parce qu’elle est facile à coudre et fait un effet boeuf. En tout cas, cette première Parisienne a fini à la poubelle. J’ai essayé de garder quelques morceaux de tissu. Je ne sais pas ce que j’en ferai mais ça me fait moins mal au coeur.

Moralité : toujours lire les explications (ne pas les interpréter) et faire confiance au créateur quant au choix du tissu : un lainage fin, c’est un lainage fin !

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3 réflexions au sujet de “Quand acharnement rime avec gros ratage quand même.”

  1. Aïe! C’est sûr, on apprend de ses erreurs, mais bon, c’est quand même rageant. Le tissu pourra au moins être utilisé pour une jupe et des « blocks ». Et le patron sera à nouveau utilisé. Reste à reconstruire la motivation.

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