Blog, Jdr

La campagne Warhammer. Point final.

Il arrive un moment où certaines choses bien acquises ne le sont pas, finalement. J’avais commencé la campagne de Warhammer en terrain sûr. Après des débuts houleux, elle avait prit son rythme de croisière. Je jouais avec des joueurs que je connaissais, avec qui je joue d’autres campagnes… Donc pour moi, c’était la sécurité, avec un contrat social clair et défini : du respect et de l’amusement. Tout ce que doit être une partie de jeu de rôle, non ? Je ne vais pas te faire languir, Ô lecteur, j’ai quitté cette campagne.

Un bref résumé s’impose : il s’agissait de Warhammer classique, c’est à dire un groupe d’aventuriers prêts à partir à l’aventure dans un monde médiéval fantastique. Nous ne sommes pas complètement des héros, mais des héros en devenir, et pour le devenir, on va en chier grave. Soyons clairs, quoique non spécialiste de l’univers, je le connais suffisamment bien pour le savoir. Pas de souci, j’ai signé des deux mains. Pas tout à fait avec mon sang quand même (sinon je n’aurai jamais pu quitter la table, comme quoi j’ai bien fait).

L’ambiance générale autour de la table. Je ne peux pas donner une date précise, mais plutôt une ambiance insidieuse qui se met en place petit à petit. On ne fait plus guère attention à ce qui se dit à la table et l’ennui, ce vieil ennemi du jdr arrive. J’en suis réduite à regarder mon portable pour ne pas m’endormir. Parfois regarder les réseaux sociaux est la seule façon de ne pas poser ma tête sur la table pour un petit somme. Bien sûr il y a plusieurs raisons à cet ennui, je vais les détailler ici.

L’histoire. Oui, une partie de jdr commence par une histoire. Nos héros vivent des aventures. C’est le propre de leur existence, le propre de notre présence autour d’une table. Et c’est là que ça devient une aventure, quand nous décidons de la créer tous ensemble, Mj et joueurs. Nous allons prendre notre quête auprès d’un pnj. Ici, ça sera toujours le même, le baron. Nous sommes dans l’Empire et il nous fournit du travail, de l’argent et un toit. Tout au long de nos quêtes, nous rencontrons d’autres pnj, comme le baron, ou alors des sous-fifres du baron. Mais c’est là que les choses commencent à se gâter. Notre Mj recycle les personnages abandonnés par les autres joueurs et les tourne en ridicule. Un des fiers guerriers devient une espèce de pleurnichard qui ne rêve que de peignoirs de soie. L’un des aspirants prêtres de Sigmar devient monsieur-pipi dans un temple, un voleur hobbit devient aubergiste… Et j’en passe. Cela m’a fortement contrariée. D’un parce que même si des joueurs ont quitté la table, leur personnages ont droit à un respect élémentaire ; de deux, cela montre quand même une nature particulièrement rancunière de la part du Mj. C’est pas très joli joli tout ça.

Au cours de toutes leur aventures, nos personnages se battent. Parfois un peu, parfois beaucoup. J’ai tendance à ne pas trop apprécier les combats. En particulier des combats traditionnels. Pour moi, un combat doit être dynamique et rapide. Dans la vie « réelle », on se bat en deux secondes, c’est très rapide. Le jdr, même s’il ne décrit pas la vie réellement réelle, ne peut pas faire l’impasse sur certaines bases. Comme un coup de feu. Il faut à peine 1 minute pour tirer au révolver. Lors d’une partie, cela peut prendre plus de 10 minutes et j’ai du mal à reconnaître la légitimité de cette action. Le pire sont des combats tour par tour, hélas présents dans beaucoup de jdr classique et auxquels ont été formés bon nombre de Mj. En plus, certains Mj, dont celui de cette campagne, hélas, font aussi jouer leur pnj les uns après les autres. Oui, vous avez bien lu, tous leurs Pnj, y compris les 10 gobelins qui traînent sur le chemin que vous avez emprunté. Ils vont jouer un par un. Leur tour va durer, quoi ? For ever ?

Bien, nous venons quand même de battre 10 gobelins. Cool, on a de l’xp, des pièces d’or, de nouvelles cicatrices, on a patiné nos armures davantage, tout va bien… Ah, non, 50 gobelins arrivent en plus. On a moins de points de vie. Ca va être plus dur… Pendant un moment, on envisage même de devoir refaire un perso et on se prépare à passer de vie à trépas. Toujours en restant héroïque, bien sûr. Heureusement, un nain sortit de nulle part vient prendre ses 10 secondes de gloire. Comme par hasard, il est équipé d’une hache magique, il tue les gobelins 10 par 10 ! Il n’a pas de souci de réussite aux dés, vraiment, il torche le combat en deux sec. Quelle chance on a eut ! Ou pas. Parce que ça recommence. Encore et encore et encore. Mais il y a pire. Oui, pire. Nous affrontons un grand ennemi. Ce combat sert à clore tout l’arc narratif. C’est un mage, accompagné de son dragon, un boss quoi ! Voyant qu’il peut nous écraser d’une main, il prend pitié de nous, et s’en va nous laissant en plan. Sauvés !

Je sais que, pour certains, c’est plutôt pas mal de garder un perso vivant. Mais pas pour moi. Cela montre juste que le Mj est incapable de doser ses quêtes. Tes joueurs sont de niveaux 3 ? Fais-leur jouer des quêtes de niveaux 3. Ne les fait pas affronter un dragon level 50. D’ailleurs, il faut vraiment être un héros particulièrement débile pour décider de tuer un dragon de niveau 50 quand on a débuté dans la carrière depuis 6 mois. Or, chacun de mes persos, celui de Warhammer compris, est intelligent. C’est une constante. Je ne pourrai jamais jouer un personnage stupide. Emportée et primaire, mais pas stupide. Donc, lui, il n’ira pas se jeter à la tête du premier dragon venu.

Comme nous l’avons vu, je n’aime pas le manque de rythme dans les combats, ça ralentit la narration inutilement. Mais on peut aussi ralentir une histoire en faisant lancer des dés, pour tout et rien. Par exemple, notre groupe est sur un sentier. Il cherche une piste. Ca tombe bien, un des persos est spécialisé dans le pistage. Oui mais il foire son jet de dés. Et là, on atteint le grandiose lorsque le Mj lui fait relancer les dés jusqu’à arriver au bon résultat. Oui, mes yeux ont saignés d’avoir vu cette scène ubuesque. Dans ce scénario, il était indispensable que le groupe trouve un indice. S’il est aussi indispensable, alors dans ce cas, il ne faut pas que sa découverte soit aléatoire. Le groupe trouve l’indice. Point. Là, il a fallu que le joueur relance ses dés 4 fois pour arriver à ce résultat. Et c’est arrivé plusieurs fois. Vraiment.

Donc, j’ai quitté cette table parce que je ne m’y retrouvais plus. Il n’y avait plus d’intérêt, plus d’amusements… Tant dans le fond : Warhammer sous sa forme la plus intransigeante, que dans la forme : une façon de masteriser vieillotte alors qu’il y a eu une grosse évolution de ce côté là. C’était devenue une corvée supplémentaire et il était hors de question que le jdr ne devienne que ça. Ca m’a soulagé de quitter la table mais ça m’a aussi un peu écoeuré. Ce n’est jamais positif de quitter une campagne sans l’avoir fini.

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